Réponse No 10 – Le retour du même : élan ou engourdissement ?
Je crois avoir un biais naturel pour l’approfondissement. Lorsque quelque chose revient, je suis spontanément porté à le percevoir comme une spirale, une descente vers un noyau encore plus enfoui — soit vers l’ordre du très grand, du cosmique, soit vers celui du très petit, de l’incréé, de l’invisible. Dans les deux cas, le regard se resserre, les repères deviennent flous, et il faut une certaine patience pour continuer. Une patience parfois démesurée au vu des bénéfices tangibles.
Il arrive que cette spirale se mue en découragement, surtout lorsque l’élan s’effrite, que le goût se perd. Alors, ce retour du même ne ressemble plus à un approfondissement, mais à un seuil creux, un fond instable, d’où il devient difficile d’émerger. Un endroit sans appel où l’on perd jusqu’à la capacité de solliciter son propre éveil.
C’est sans doute cela, l’épuisement : non pas l’absence de répétition, mais la répétition qui a cessé d’être signifiante. Celle qui tourne à vide, hors sol, loin de la pulsation initiale. Un retour du même devenu écho assourdi, sans tension ni tremblement.
*