Réponse No 2 – La présence en creux des motifs
Je dirais que mes motifs me précèdent dans la mesure où je ne les convoque plus: ils apparaissent. Non pas comme des figures fixes ou des signes à répéter, mais comme des structures internes, internalisées au point de devenir un milieu d’émergence. Il m’arrive de les reconnaître après coup, presque avec gêne, comme si je n’avais pas été suffisamment présent pour les saluer à temps.
Ce qui traverse alors l’œuvre – ou plutôt ce qui la soutient – ce n’est pas l’intention formelle de répéter un motif, mais cette surprise qui vient lorsque l’on réalise qu’un motif est déjà là, inscrit dans le geste, revenu sans qu’on l’ait appelé. Et c’est dans ce moment, que je qualifierais d’existentiel plus que conceptuel, que je prends la mesure d’un certain degré de maturation. Une maturation qui n’est pas cérébrale, mais physique, presque brute: le corps enregistre avant que l’esprit ne formule.
Je n’ai donc pas envie de contourner mes motifs. Je ne les vis pas comme des contraintes, encore moins comme des fardeaux. Si parfois je ressens une forme de frustration, c’est plutôt de ne pas être assez alerte pour capter leur apparition en direct, dans l’instant de leur effusion. Je travaille à cela: à devenir plus vif, plus poreux, pour accueillir ces retours non comme des redites, mais comme des variations – des seuils où quelque chose insiste, différemment chaque fois.
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