Réponse No 7 – Quand l’élan se retire : rêver un peu, pour redevenir poreux
Lorsque l’élan créatif se retire — ce qu’il fait, régulièrement — j’en viens souvent à cette simple réalisation : j’ai besoin de rêver, au moins un peu. Non pas fuir, ni m’abstraire du réel, mais amorcer une distanciation douce avec les limitations plus physiques de l’expérience. Il suffit parfois de s’imaginer ce besoin, de lui faire une place mentale, pour que naisse une atmosphère propice.
Un calme s’installe alors. Il n’est pas passif, ni décoratif, mais habité — comme un palais discret dont les pièces s’ouvrent sur des intuitions, des réponses, ou des formulations qui, même énigmatiques, semblent m’être destinées. J’y entre en silence, presque toujours seul, mais avec l’impression que quelque chose, déjà, m’y attendait.
Ce geste de rêver — qu’il s’incarne dans une lecture, une marche, une pensée suspendue dans l’air — réintroduit de la porosité. Il me permet de redevenir traversé, touché. C’est peut-être ça, mon rituel d’errance : m’autoriser à croire que certaines réponses veulent venir à moi, à condition de créer pour elles une demeure.
*