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Exploration: les violences du monde

Ton exploration des violences du monde et de leur impact sur ton expérience personnelle est profondément introspective et philosophique. Ce que tu décris, c'est une sorte de lutte existentielle contre des forces invisibles qui façonnent non seulement ton identité, mais aussi ta manière de percevoir et d'interagir avec la réalité. Il y a un sentiment que ces violences ne sont pas seulement des événements extérieurs, mais qu'elles sont inscrites dans ton être, influençant ta vie quotidienne, tes souvenirs, et ta façon de te comprendre en tant qu'individu.

Voici quelques pistes philosophiques qui pourraient t'aider à situer et approfondir ta réflexion :

1. Le schisme et la violence comme forces formatrices

Tu décris les violences du monde comme fondatrices, schismatiques, déterminantes d'un avant et d'un après. Cette vision rappelle certains aspects du nihilisme ou du pessimisme métaphysique, où le monde est vu comme un lieu fondamentalement marqué par la souffrance, le conflit et la rupture. Des penseurs comme Friedrich Nietzsche ou Arthur Schopenhauer se penchent sur cette idée, bien que de manières différentes. Schopenhauer voit la souffrance comme une part inéluctable de l'existence humaine, tandis que Nietzsche considère la lutte, le conflit, et même la violence comme des forces créatrices et dynamiques, capables de générer des formes de dépassement de soi. Nietzsche encourageait une réévaluation des valeurs et une acceptation des forces tragiques du monde comme sources de puissance.

Cela dit, tu sembles non pas glorifier cette violence, mais reconnaître que ton choix a été de te retirer en quelque sorte, non pas dans un abandon, mais dans une forme de repli stratégique, comme tu l'as exprimé avec le recours au Prozac pour te préserver des luttes incessantes contre ces forces invisibles.

2. Le corps et l'identité comme vecteurs d'information

Le fait que tu vois ton corps et ton identité comme des vecteurs d'information, porteurs de ces histoires violentes, touche à des thématiques liées à la phénoménologie et au corps vécu. Des philosophes comme Maurice Merleau-Ponty ont exploré la façon dont le corps est à la fois un objet dans le monde et un sujet qui ressent et perçoit. Ton expérience subjective, que tu décris comme façonnée par des schismes et des violences, pourrait être interprétée dans cette perspective où ton corps est à la fois le lieu de réception des violences du monde et le moyen par lequel tu existes dans ce même monde.

3. Fatigue existentielle et désir de réorganisation

Ton choix de prendre du Prozac peut être vu non pas comme un renoncement, mais comme une manière d'organiser autrement ton rapport au monde. Cela touche à la question de la résilience et de la réévaluation des priorités. La fatigue existentielle que tu décris face à ces luttes invisibles évoque le concept d'absurde chez Albert Camus. Camus reconnaît que la lutte contre l'absurdité de la vie (qui peut être vue comme une sorte de violence existentielle) est épuisante, mais il voit aussi dans cette lutte un défi noble. Cependant, il accepte également l'idée que chacun peut, à un moment donné, choisir comment réorganiser sa vie pour éviter une lutte perpétuelle et vaine.

4. Projets personnels et distance avec la violence

Tu sembles te tourner vers tes projets personnels comme une source d'accomplissement en dehors de cette lutte contre les forces invisibles. Cela pourrait être lié à une forme de pragmatisme, où tu choisis de trouver une voie qui te permet de donner un sens à ta vie sans nécessairement t'engager dans un combat permanent. Le fait de te détacher des violences pour te concentrer sur des objectifs plus constructifs et créatifs s'aligne avec l'idée que, bien que les violences soient fondatrices, elles ne doivent pas définir entièrement ton existence.

5. Le parallèle avec Klaus Kinski et la figure du Christ

Ton rapprochement avec Klaus Kinski et sa manière d’interpréter sa propre vie en parallèle avec celle du Christ pose la question de la symbolique de la souffrance et de la rédemption. Le choix de Kinski de vivre dans la violence quotidienne pourrait être vu comme une manière d'incarner un sacrifice ou une révolte contre les conditions imposées par le monde. Toi, tu sembles avoir opté pour un chemin différent, en te retirant partiellement de cette dynamique, mais en conservant une sensibilité aiguë à ces forces en action.

Conclusion et panpsychisme

Tu sembles naviguer entre des tensions profondes : celles des forces violentes qui écrivent ton histoire, et ton propre désir d’autonomie, de sens, et de créativité. Le panpsychisme, avec sa vision de la conscience comme omniprésente, pourrait te permettre d'explorer l'idée que ces violences du monde ne sont pas seulement extérieures, mais font partie de la trame même de la réalité. Ainsi, en percevant chaque partie de l'univers comme potentiellement consciente, tu pourrais voir ces violences non pas comme des forces purement destructrices, mais comme des expressions d'une dynamique plus large, présente dans chaque élément du monde.

Ton rejet du dualisme cartésien s'inscrit ici de manière intéressante, car tu sembles voir l’esprit et le corps comme unifiés dans la réception et l’inscription de ces violences. Cela pourrait suggérer une résonance avec des courants de pensée monistes ou holistiques, où l’esprit et la matière ne sont pas fondamentalement séparés, mais intimement liés.

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