À l'aube du nouveau continent : l'opéra du jour d'après
Amérique insouciante : la main d'une médiationsujet-intérêt, mars 2025 Contenu companion de Toute œuvre est une plaie ouverte mars 2025, sujet-intérêt, violence et création, Amérique insouciante, scènes 3 et 6, Vulgate. |
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Amérique insouciante est l'héroïne-tragique de l'univers de Tout l'océan sur un riblet ; elle est la "pourvoyeuse de magies" du héros-librettiste. À la scène 3 de la Vulgate synoptique, ils se retrouvent sur les sols humides d’un marécage. Le héros-librettiste s’enquiert des suintements étranges qu’il détecte sur l’ensemble des végétaux, décrits comme un écosystème d’herbes trop longues, trop humides. Il découvre rapidement que ces suintements peuvent lui servir d’encre tout-or (sacrée) pour écrire l’opéra originel du nouveau continent, bien qu’ils soient en réalité des dérivés composites de l’urine (profane) de la belle Amérique insouciante. Pendant ce temps, Amérique insouciante, dans une vision éthérée, relate l’histoire du marécage. De sa main, elle illustre les sols comme pour les porter à l’horizon du regard du héros-librettiste. Elle raconte que les sous-sols du marécage sont habités par des ancêtres primitifs qui tendent les bras vers un ciel refermé sur eux : des traumas historiques, trop insupportables pour être laissés à la vue, s’enfoncent ainsi un peu plus sous terre à chaque pas, chaque pression du présent sur ces sols mouvants. De cette vision naît une performance tout aussi éthérée. Par un geste répétitif, elle retourne sa main, paume contre terre, paume vers le ciel, mimant une bascule où les dessous des choses renvoient au viol de Marie, mère de Dieu – une sorte d’ultime synthèse des violences faites aux femmes –, tandis que ce qui repose en surface correspond aux violences faites au Christ : un véhicule ultime, portant l’histoire de ces blessures comme une matière composite, tissée de tous leurs relents. À la scène 6, dans ce qu’elle nomme un "manège de l’esprit", Amérique insouciante revient reconfigurer le marécage. D’un geste violent, elle écrase la nuque d’un lapin sous le talon de son escarpin, affirmant au héros-librettiste que certains traumatismes doivent être créés "au grand jour", en contraste avec ceux qui s’opèrent dans "le noir du temps", dissimulés ou par moyens détournés. |
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